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  Articoli su rivista Il Chianti


 
   
 

 

Le monde fabuleux des bulles

 

 
     
 

 

 

Je m'apprête à parler ici de vins pétillants, que j'apprécie particulièrement lorsqu'ils sont dotés d'un bon nez et d'une bonne bouche. Je me réfère bien entendu aux bulles naturelles et non pas à celles que provoque l'addition de CO2 . Je souhaite que les producteurs de bulles artificielles ne m'en veuillent pas trop pour ce choix, qu'inspire un pur agrément.

J'ai voyagé récemment en Champagne, en compagnie de Leo Damiani, directeur de la maison Marchesi Antinori qui, depuis plus d'un an, se charge de distribuer en Italie le champagne Perrier-Jouet, et de quelques amis de Livourne. Nous avons été à Reims les hôtes de la maison Perrier-Jouet. C'est avec l'śnologue Hervé Deschamps et différents chefs de secteur de l'exploitation que j'ai eu l'occasion de participer à une dégustation intéressante des « bulles » ( entendant par là les vins mousseux en général et dans ce cas les champagnes mêmes , NdT ) de la maison, au bouquet riche et bien agréables en bouche.

Renoncer à collaborer avec une maison telle que Krug, un leadership incontesté sur le marché mondial, n'a pas dû être aisé pour Marchesi Antinori qui d'autre part, avec Perrier-Jouet, a pointé intelligemment sur un style différent. Les deux maisons en fait ne sont pas du tout comparables entre elles, vu les grandes différences de vinification, de parfums et de saveurs.

Mais pour en revenir aux Perrier-Jouet, j'ai été frappé par la richesse hors du commun de leur bouquet et, en ce qui concerne les saveurs, par la violette du Grand Brut et l'amande grillée et salée au sel gros que l'on retrouve aussi bien dans les Belle Epoque millésimés 2004, 1998 et 1999 que dans le Blanc de Blancs.

Je vous conseille en particulier le 1999 pour son charme, sa structure, sa persistance et sa finale agrumée de pamplemousse jaune.

La bouteille de champagne du champagne Belle Epoque remonte à plus d'un siècle : c'est un bel exemple d'Art Nouveau qu'Emile Gallé créa pour la Maison en 1902.

Dès que l'on parle du champagne Belle Epoque on pense de suite à l'image d'une aussi originale et superbe bouteille.

Passons donc à la description de ces champagnes.

 

Grand Brut - Non millésimé

(Cépages: 40% Pinot Noir, 40% Pinot Meunier et 20% Chardonnay)

Sa robe est jaune paille clair, aux bulles assez fines et persistantes.

Le nez complexe, net et ample, s'ouvre sur une note de pierre à fusil bien marquée cédant la place ensuite aux arômes de fleurs blanches, de pomme golden très mûre, d'amidon de coton, de cuir, de dragée de mariage, de houblon, de châtaigne sèche, de miel, d'anis étoilé, de bois grillé, d'iode, de céleri frais, de croûte de pain, de cacahouète légère, de savon de Marseille et de peau d'agrumes.

Perlant en bouche, minéral et d'une agréable sapidité, il montre une structure légèrement inférieure à la moyenne.

Équilibré, d'une acidité bien évidente par rapport à la sensation d'alcool, il offre une bonne persistance se terminant par une surprenante violette et un abricot un peu vert.

Le nez, d'une richesse hors du commun, est sans aucun doute supérieur à la bouche.

                                        89/100

Cuvée Belle Epoque 2004

(Cépage: 50% Chardonnay, 46% Pinot Noir et 4% Pinot Meunier)

Robe d'un très beau jaune d'or aux bulles très fines et assez persistantes. Il a un bouquet aromatique et élégant de confiture d'oranges amères, de miel, de poivre blanc, de graphite, d'ananas, d'a mande grillée salée, de melon jaune, d'eau de mer s'identifiant au melon jaune, de beurre d'arachide, d'iode, de framboise, une note verte de tige de cyclamen coupée et aussi des notes de pomme, de bâton de réglisse, de céleri frais, d'anis, de fleurs de pêcher, de citron, de savon de Marseille, pour finir sur d'agréables soupçons de pâtisserie.

Perlant en bouche, d'une agréable sapidité et minéral, son équilibre gustatif est assuré par une acidité bien dosée et dominante.

De plaisantes senteurs d'amande grillée salée (au sel gros) et de citron accompagnent un pamplemousse aussi bien jaune que rose, compensant grâce à sa légère amertume la douceur du miel.

Bonne persistance se terminant par de la pomme verte.

Le bouquet se montre dans toute son incroyable richesse et sa variété.

Ce 2004 est sans aucun doute supérieur au Belle Epoque 2002, tant par sa structure que par sa persistance.

                                       92/100

 

Cuvée Belle Epoque 2002 - Blanc de Blancs

(Cépage : Chardonnay 100 %)

Robe brillante jaune paille aux reflets or et aux bulles fines et persistantes. Son nez multiple offre d'intenses parfums de pomme et de pierre à fusil, suivis de cendre, de savon de Marseille, d'agrumes, de poivre blanc, de tomate séchée, d'iode, de sel de mer, d'amande grillée salée (au sel gros) et se termine par de l'eau de mer, dont le parfum s'identifie à celui du melon blanc. En bouche l'on jouit d'emblée d'un bon perlage délicat et d'une amande grillée salée déjà perçue au nez. La minéralité complète le tout. C'est un vin dont l'acidité maîtrise sans hésiter le taux d'alcool. Des saveurs d'amande grillée et de pierre à fusil persistent assez longtemps en bouche.

                                        92/100

 

Blason Rosé non millésimé

(Cépage : 25% Chardonnay, 50% Pinot Noir et 25% Pinot Meunier)

Sa robe d'un rosé cerise clair aux reflets cuivrés clairs offre un perlage fin et assez persistant. Son nez dégage des notes de houblon, d'iode intense, de marron bouilli, puis de framboise et de cerise. La bouche est d'emblée subjuguée par une importante et agréable texture qu'accompagne un perlage assez vif. C'est un vin équilibré doté d'une bonne acidité dominant l'alcool et de tanins modérément présents, délicats et agréables.

D'une bonne longueur, il offre une finale de framboise tantôt mûre et tantôt légèrement aigrelette.Contrairement à certains rosés manquant de structure, où ressort un excès d'acidité pouvant provoquer, et c'est mon cas, une gêne à l'estomac, je dois dire que celui-ci est fort beau, bien fait et agréable.

                        

                                        89/100

Cuvée Belle Epoque Rosé 2002

(Cépage :45% Chardonnay, 50% Pinot Noir et 5% Pinot Meunier)

Sa robe rouge cerise brille de reflets or. Son perlage est fin, assez abondant et persistant. Son nez dégage des senteurs intenses d'amande grillée salée (au sel gros) et de pomme verte, que suivent des parfums de banane verte, de rose rouge, de bâton de réglisse, d'amidon sur un tissu de coton, de céleri frais et pour finir des senteurs rappelant le bonbon dur à la framboise. En bouche les bulles pétillent vivement mais agréablement, tandis que les tanins, très délicats et sobres, se perçoivent à peine.C'est un vin équilibré, dont l'acidité maîtrise sans hésiter le taux d'alcool. Il persiste longtemps, laissant en fin de bouche des saveurs de pamplemousse rose et jaune, d'agrumes en général et de pomme verte.

Le Blason a des tanins plus marqués que ce rosé qui, par contre, est doté d'un perlage plus délicat au goût.

                                         91/100

 

 
     
     
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