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Il
est bien des endroits dans le monde où l'on produit
des mousseux, mais le terroir du Champagne n'existe qu'en
France. Je tiens à préciser que j'aime le bon
vin quelle que soit sa provenance. La quantité de vin
produite ne compte pas, ce qui importe c'est bien entendu
sa qualité. Tous les vins de certaines appellations
ne sont pas excellents et cela concerne également les
champagnes.
J'aime
les vins effervescents “naturels” et donc sans ajout artificiel
de CO2. Il existe en Italie des exploitations qui produisent
d'agréables mousseux, mais attention à ne pas
vouloir à tout prix faire de comparaisons avec les
créateurs des vins effervescents, dont la culture et
l'expérience dans ce domaine est indéniable,
et donc avec les français, qui savent en outre avec
maestria lancer leurs produits sur le marché.
Je
ne peux m'empêcher de sourire lorsque je lis dans la
presse que “l'Italie dépasse la France en ce qui concerne
la production de mousseux”. Vouloir à tout prix sembler
supérieurs alors que l'on sait pertinemment qu'on ne
l'est pas est tout simplement puéril et ridicule.
Vive
le bon vin de qualité! Voilà ce qu'il faut rechercher
et rien d'autre.
J'ai
eu l'idée et mené à bien il y a quelque
temps une dégustation de huit vins mousseux, dont sept
champagnes et un célèbre mousseux italien, un
Giulio Ferrari, réserve du Fondateur, millésime
1995. Tout le monde savait quels vins allaient être
dégustés, mais seuls les sommeliers et moi savions
dans quel ordre ils seraient servis. A l'issue de la dégustation
nous avons pu constater que certains mousseux italiens peuvent
concurencer de grands champagnes. Cela pour confirmer à
ceux qui ne me connaitraient pas que j'aime le bon vin et
que seule la qualité doit primer, indépendamment
de la provenance.
Au
terme d'une journée fatigante, peut-on trouver mieux
qu'un verre de bon mousseux?
Il
m'arrive souvent d'ouvrir avec des amis une bouteille de champagne
à la bonne température et aux bulles fines et
délicates. Dès la première gorgée,
les yeux fermés, nous levons nos bras au ciel, jouissant
d'un plaisir suprême.
Ce
qui importe c'est la finesse de bulles qui n'agressent en
rien l'estomac mais caressent la bouche, la gorge et l'estomac
même. Sans cela toute sensation de plaisir s'évanouit.
J'ai connu bien des gens, devenus mes amis entre-temps, totalement
ignorants au départ en la matière, qui ont évolué
peu à peu et ont appris à aimer bien boire.
Bien boire, cela ne signifie d'ailleurs pas forcément
dépenser des sommes folles. Il existe des champagnes
au rapport qualité-prix intéressant. Entendons-nous:
je ne suis absument pas regardant car cela irait au détriment
de la qualité. Mieux vaut boire de l'eau plutôt
que de boire un vin quelconque.
Tous
ces détails pour en arriver à vous parler d'une
rencontre, lors du “Vinexpo” de Bordeaux en 2003. J'y étais
avec mon ami Sergio Antonini et nous nous trouvions dans une
salle, où différents stands exposaient des champagnes
que je ne connaissais pas, une dizaine environ. Nous avons
commencé à les déguster puis, ayant notre
petite idée sur la question, nous avons décidé
en fin de compte de retourner au stand du Champagne J. de
Telmont, où j'ai dit au directeur général,
monsieur Philippe Parinet, que les bulles de ses champagnes
étaient les plus délicates et les plus agréables
de toutes celles que nous venions de goûter. A partir
de ce moment-là, Sergio s'est intéressé
tout particulièrement à nos achats annuels de
ce champagne, que nous n'avons dès lors plus quitté.
Bien
que j'ouvre des bouteilles de toutes sortes, italiennes, françaises,
espagnoles, australiennes ou d'autres nationalités,
c'est avec plaisir que je reviens à chaque fois au
J. de Telmont. Il est bien certain qu'un Krug restera toujours
un Krug, que j'y suis attaché et que c'est pour la
vie. Il en est de même pour Salon, Perrier-Jouet, Bollinger
et guère plus. Dans certains cas on ne peut se permettre
de dépenser des cents et des mille et moi, j'aime bien
offrir aux amis une bonne bouteille de champagne, dont nous
jouissons ensemble. Il m'est même arrivé de boire
un Selosse Substance, au dégorgement remontant à
six ans, histoire d'arroser “una bistecca alla fiorentina”
(côte de bœuf saignante, spécialité
de Florence, N.d.T.): c'est risqué mais, en fin
de compte, les deux vont très bien ensemble.
Ma
passion plutôt récente pour le vin m'a poussé
à entraîner nombre d'amis, qui savent d'ores
et déjà ce que signifie savourer un verre de
très bon vin et évitent donc dorénavant
de boire n'importe quoi.
Sergio
Antonini a depuis peu l'exclusivité des importations
en Italie des champagnes J. de Telmont, dont la Maison se
trouve à Damery. Il s'agit là d'une entreprise
familiale fondée en 1912, dont le directeur est toujours
monsieur Philippe Parinet, une personne tout à fait
estimable, remarquable, agréable à souhait.
Il est venu récemment à Florence avec quelques
amis et nous sommes allés ensemble à l'Hôtel
Villa Cora, dont le propriétaire, Sandro Fratini, possède
plusieurs hôtels. C'est une splendide Villa entièrement
restaurée, aux pièces somptueuses donnant sur
la ville de Florence. Le directeur du restaurant n'est autre
que Giampiero Puddu, un ami à qui j'offris un jour
une bouteille de Blanc de Blancs de J.de Telmont, tout en
lui faisant remarquer que personne à Florence ne mettait
ce champagne à la carte. Après qu'il l'eut goûté
et qu'il l'eut apprécié au plus haut point,
il en fit un symbole pour souhaiter la bienvenue à
ses clients et également aux clients de l'Hôtel
Villa Cora. Giampiero a demandé, et aisément
obtenu, une étiquette personnalisée au nom “Villa
Cora”, et cela d'ailleurs parce qu'il avait bien aimé
l'étiquette de la bouteille que je lui avais offerte,
personnalisée à mon nom. Ce ne sont là
que des dehors superficiels et nous sommes bien d'accord en
confirmant que ce qui compte, c'est la qualité.
Pour
en revenir à la visite de Philippe Parinet à
la Villa Cora, nous avons décidé d'y entreprendre
une verticale de champagnes Héritage , Pinot Meunier
pur, blanc ou rosé, millésimés entre
1964 et 1990, qui n'avaient jamais été mis en
vente jusqu'à ce jour-là. Les bouteilles disponibles
concernant toutes ces années sont au nombre de 30.000
environ et il n'est pas question d'en produire d'autres.
La
mise en vente est due au fait que la Maison fêtera ses
cent ans en 2012 et qu'il faut bien “marquer le coup”. Le
dégorgement du champagne Héritage s'effectue
au moment de la commande. Au cours de la même soirée
j'ai eu envie de déguster l'échantillonaire
normal de la Maison. Une soirée très prenante,
mais on ne peut plus agréable.
J'étais
ce soir-là particulièrement ému, tout
comme Giampiero Puddu et le directeur de l'hôtel, monsieur
Claudio Delli, grand amateur de vin possédant une bonne
cave, où d'anciennes bouteilles n'ont jamais été
ouvertes, tout simplement pour ne pas regretter ensuite de
ne plus les avoir. J'ai dit maintes fois à Claudio
Delli qu'on ne vit qu'une fois et que l'on doit profiter au
mieux, à tout instant possible et sans regrets, des
petits plaisirs et des émotions qu'elle peut nous offrir.
La Maison et Sergio Antonini n'ont nulle envie de vendre ce
champagne à tout venant et ils recherchent donc des
acheteurs à même de le comprendre et de l'apprécier.
Je l'ai fait récemment goûter à Roberto
Franceschini, du Ristorante Romano de Viareggio. Depuis c'est
son béguin, et dire que sa carte des vins est pourtant
d'après moi la plus importante de la Versilia et la
mieux fournie en champagnes. Il s'en sert de symbole pour
souhaiter la bienvenue à sa clientèle.
Quiconque
y goûte s'y attache et renonce à jamais à
des vins effervescents aux bulles “agressives”.
J'ai
toujours aimé faire savourer à des amis les
vins que j'estime le plus et dernièrement j'ai d'ailleurs
fait goûter un Blanc de Blancs 2005 à Francesco
Cerea, propriétaire du restaurant “Da Vittorio” à
Brusaporto, et à Giovanni Rotti, propriétaire
du restaurant “Enoteca Giovanni” à Montecatini Terme.
Tous deux ont été agréablement surpris,
tant au niveau olfactif que gustatif. Ils en ont commandé
et l'ont mis à la carte.
Mais
revenons-en à notre si importante Verticale, la première
que n'ait jamais connue la Maison. Le fait même qu'elle
ait eu lieu en Italie fut considéré comme un
privilège, surtout dans un cadre aussi somptueux que
celui de l'Hôtel Villa Cora.
Avant
de parler de la Verticale, je tiens à préciser
que je n'aime guère les rosés, souvent mal faits
et d'une acidité trop marquée. Ils me donnent
parfois de violents maux d'estomac. Notez donc en lisant ces
appréciations ce que je pense des rosés de cette
Verticale.
HÉRITAGE
1990
(100%
Pinot Meunier)
Vêtu
d'un doré intense brillant et légèrement
cuivré, il a des bulles sur le moment bien fines et
nombreuses devenant ensuite très fines.
Le
bouquet très ample et aromatique se montre impénétrable
sur le moment mais s'ouvre ensuite peu à peu sur du
jujube mûr, de la pierre à feu, de la réglisse
intense, une immortelle intense (fleur aux arômes de
réglisse), de l'iode, de la datte, de l'abricot sec,
du fenouil sauvage, de l'apprêt de repassage, de la
dragée de mariage, de la pomme rouge juteuse, du cédrat,
du miel, de la partie fourrée d'un chocol “banane”
Perugina, de la figue sèche, de la pâte d'amande
crue, et se termine sur des senteurs de Ricciarello (petits
fours de Noël toscans à base de pâte d'amande).
En
attaque les bulles caressant délicatement le palais
sont accompagnées d'arômes de rouille, de pomme
rouge juteuse et de cédrat. Agréablement rond
et très frais, d'une sapidité et d'une minéralité
importantes, il révèle un équilibre impeccable
. Très long, il se termine par un incroyable sabayon.
C'est
un champagne encore très jeune et l'on s'en aperçoit
à son abondante fraîcheur.
Le
nez a évolué davantage par rapport à
la bouche; le contraire aurait été inquiétant.
J'ai
goûté ce champagne pour arroser des beignets
fourrés à la crème: une union superbe!
94/100
HÉRITAGE
1986
(100%
Pinot Meunier)
D'un
très beau jaune d'or intense et brillant, il se pare
de bulles nombreuses et bien fines.
Le
nez franc, intense et varié, met en relief le sel et
l'iode pour ensuite céder la place à des notes
particulièrement épicées de poivre blanc,
de pomme reinette très mûre, d'herbacé
léger, de beurre d'arachide, de miel, de cirage compact
pour chaussures, de rouille, de savon de Marseille, de bâton
de réglisse, de tige de cyclamen, de pierre à
fusil, de cédrat, de sauge, de laurier, de pomme golden
et enfin de “duro di menta” (bonbon dur à base de sucre
et de menthe).
En
bouche les bulles délicatement dosées mettent
en évidence une sapidité et une minéralité
modérées accompagnées de notes de cédrat.
L'acidité
bien dosée maîtrise sans problèmes l'alcool.
Assez
long, il se termine par de la pomme golden.
90/100
HÉRITAGE
1985
(Pinot
Meunier 100%)
Il
brille d'un beau jaune vif. Ses bulles bien fines abondent.
Au
nez il est riche et varié, tel un tableau aux teintes
multiples, les parfums remplaçant ici les couleurs:
il dégage des senteurs de cuir naturel, de jujube mûr,
de caoutchouc, de confiture d'orange amère, de réglisse,
de pâtisserie, de fromage aussi bien crémeux
qu'affiné, d'abricot sec, de miel et de cédrat.
D'agréables
sensations minérales, d'iode et de sel de mer l'encadrent.
En
bouche il est captivant, sapide et minéral et des saveurs
de rouille, de jujube mûr, de citron, de pâtisserie
et de réglisse s'y joignent. C'est un vin équilibré,
où l'acidité maîtrise le taux d'alcool.
De corps moyen, il est également moëlleux et long
et offre une fin de bouche de jujube mûr et de pâtisserie.
Son
nez, bien que très plaisant, n'est pas aussi varié
ni aussi captivant que celui du 1990.
92/100
HÉRITAGE
1976
(Pinot
Meunier 100%)
Il
brille d'un beau jaune d'or aux reflets orangés.
Au
nez il dégage des senteurs de jujube mûr, d'iode,
des notes minérales, de miel, de graphite, de tige
de cyclamen, d'amande, de datte, de bâton de réglisse
et, pour terminer, il offre un formidable et agréable
sabayon.
En
bouche il est rond, quoique pas totalement envoûtant,
et révèle des saveurs de sabayon, de citron
et de miel.
Sapidité
et minéralité s'imposent au goût.
Une
généreuse acidité maîtrise l'équilibre
gustatif sans hésitation.
Il
est long, avec une fin de bouche de sabayon fort riche.
Ce
1976 évoque au goût celui de 1990, il est supérieur
au 1985 et sa note devrait se situer entre 92 et 93.
92/100
HÉRITAGE
1975
(Pinot
Meunier 100%)
Il
brille d'un jaune d'or aux reflets abricot, cuivrés
et ses bulles fines sont nombreuses.
L'impact
olfactif est de ceux que l'on n'oublie pas. Nous sommes enivrés
par son arôme d'eau de rose, suivi de rouille, de bâton
de réglisse, de miel, par son léger parfum capiteux,
par ses senteurs de savon de Marseille, de croûte de
fromage de brebis affiné, de confiture d'orange amère,
d'iode, de résine de pin, de sel de mer, par ses notes
légères de bolet liophilisé et enfin
par son agréable arôme d'abricot sec.
Il
est délicat en bouche et l'on apprécie des saveurs
de jujube mûr, de miel, d'abricot sec aux senteurs acidulées
et d'eau de rose. Il est riche en sapidité et en acidité,
bien structuré, moëlleux et bien rond.
C'est
un vin équilibré et long, avec une fin de bouche
de jujube mûr, de réglisse et d'immortelle.
J'ai
goûté jusqu'à quatre exemplaires de 1975
et j'y ai décelé quatre goûts différents.
Celui que je viens de décrire a été le
meilleur, vu son nez plus ouvert et plus riche. Il s'agit
de vins que l'on se plaît à commenter, des vins
procurant maintes émotions.
93/100
HÉRITAGE
1969
(Pinot
Meunier 100%)
Il
est jaune d'or intense, étonnant, parfait.
Ses
très fines bulles abondent.
Le
nez, complexe et varié, dégage des senteurs
d'iode, de pierre à fusil, de cuir naturel (poilu),
de pomme jaune mûre (notes intenses), d'agrumes, de
coque d'amande (notes intenses) et se termine par des bouffées
de jujube mûr.
En
bouche il est généreux et délicat à
la fois, avec ses fines bulles agréables, qu'accompagnent
des sensations de jujube mûr et d'abondantes doses de
sapidité et de minéralité.
C'est
un vin au bon équilibre, où une riche acidité
maîtrise le taux d'alcool, que l'on perçoit mais
qui reste inoffensif.
Il
persiste longtemps en bouche et se termine par un agréable
sabayon.
Il
s'agit là d'un très beau vin, dont l'acidité,
la sapidité et la mineralité impressionnantes
laissent à penser que, malgré son âge,
il aura encore un bel avenir. Il n'atteint pas le niveau du
1990 mais il s'en rapproche fortement, et n'oublions pas leur
différence d'âge.
93/100
HÉRITAGE
ROSÉ 1985
(Pinot
Meunier 100%)
Sa
robe brille d'un beau rouge cerise et ses fines bulles pétillent
intensément.
Son
nez riche et varié dégage des notes fruitées
de cerise et de framboise que suivent des notes balsamiques
de menthe et de résine de pin. Le parcours olfactif
se poursuit avec des senteurs d'iode, de pierre à fusil,
de cuir, de savon de Marseille et d'amande, avant de se terminer
par des bouffées de miel.
En
bouche l'impact est agréable grâce à des
bulles délicates et à la présence d'une
réglisse bien dosée. C'est un vin équilibré,
à la fraîcheur mesurée, qu'accompagnent
des notes sapides et minérales.
Sa
longue persistance aromatique débouche sur de la cerise
et de la framboise, suivies de cet habituel et important goût
de sabayon.
Il
s'agit pour moi d'un rosé particulier, vu son équilibre
et le plaisir que l'on éprouve du début à
la fin de la dégustation.
93/100
HÉRITAGE
ROSÉ 1964
(Pinot
Meunier 100%)
Sa
robe rouge cerise intense se pare de reflets orangés.
Ses bulles abondantes, et relativement fines au début,
s'amenuisent lentement et deviennent extrêmement fines
ensuite.
Tout
comme un écrin ancien fermé pendant des siècles
qui, descellé peu à peu, révèle
son histoire, ce vin nous narre, au cours de sa pause dans
le verre, ses arômes et son évolution olfactive.
Il en émane au début une note de plante médicinale
séchée et une odeur de cuir naturel (poilu),
que suivent des senteurs d'abricot sec aux nuances acidulées,
de rose rouge, de cerise confite, de tabac blond de Virginie,
de terre mouillée, de sel de mer, d'iode, de pruneau,
de bâton de réglisse, de sauce au soja, de framboise,
le tout se terminant par des bouffées de sabayon.
En
bouche la sapidité et la framboise prédominent.
Suivent des saveurs minérales et d'agrumes.
Son
parfait équilibre est surprenant: une fraîcheur
bien dosée, que soutiennent les notes sapides et minérales,
musèle la perception de l'alcool. C'est un vin long,
avec une agréable fin de bouche d'abricot sec.
Tandis
que je transcrivais ces lignes, regardant au fur et à
mesure mes notes prises à la hâte et que moi
seul étais à même de déchiffrer,
j'ai à nouveau ressenti, sans nul besoin cette fois
de ce nectar dans mon verre, les mêmes émotions
visuelles, olfactives et gustatives éprouvées
alors.
95/100
Au
terme de cette remarquable verticale d'Héritage, je
passe aux notes concernant la dégustation des autres
champagnes que produit la Maison J. de Telmont et que l'on
trouve actuellement dans le commerce.
GRANDE
RÉSERVE BRUT, non millésimé
(Cépage:
Chardonnay 1/3, Pinot Noir 1/3 et
Pinot
Meunier 1/3)
Il
est vrai qu'il s'agit d'un vin non millésimé,
mais il contient 20% de vins de quatre millésimes différents.
Les
raisins proviennent de la Côte des Blancs, du Sézannais
et de la Vallée de la Marne.
Ce
champagne ne se fait pas dans le bois mais uniquement dans
l'acier. Sa mise en bouteille a lieu 5 ou 6 mois après
les vendanges et il vieillit de 15 à 24 mois en bouteille
avant d'être commercialisé. Sa production annuelle
atteint environ 1.000.000 de bouteilles.
Notes
de dégustation:
Sa
robe jaune paille se nuance de reflets dorés. Il présente
des bulles relativement fines au début, qui s'amenuisent
ensuite et persistent en grand nombre.
L'impact
olfactif est fait de pomme reinette assez mûre et intense.
Suivent des notes iodées, salines, balsamiques et des
arômes de cornet de glace, de colle de pâte “coccoina”
(amande et lait de coco), d'agrumes, de sabayon, de miel,
de cuir naturel (poilu), de vanille et enfin des boufées
de pain brioché.
En
bouche il est d'emblée agréable grâce
à ses fines bulles inoffensives, celles qui en fin
de compte caractérisent la Maison. C'est un vin au
bon équilibre dont l'acidité, qu'épaulent
des notes minérales et sapides, estompe la présence
de l'alcool.
D'une
bonne longueur, il offre une fin de bouche de poire et de
pomme, déjà perçue à l'odorat.
88/100
BLANC
DE BLANCS Brut millésime 2005
(Cépage:
Chardonnay 100%)
Les
raisins proviennent de la Côte des Blancs, du Sézannais
et de la Vallée de la Marne.
C'est
un champagne vinifié sans bois, mais uniquement dans
l'acier.
La
mise en bouteille s'effectue 9 mois après les vendanges
et il vieillit en bouteille avant d'être commercialisé
pendant une période de 3 à 6 ans. Il produit
à peu près 40.000 bouteilles par an.
Notes
de dégustation:
De
couleur jaune paille intense aux reflets vert pâle,
il abonde en bulles très fines.
Le
nez décèle tout d'abord une très forte
note de pierre à fusil, masquant apparemment tout autre
arôme, mais il capture bientôt d'autres senteurs
telles que celles de l'iode, du sel de mer, du sabayon, de
la pâte d'amandes, du savon de Marseille (notes légères),
des arômes balsamiques, de zeste de citron (notes légères),
de cuir naturel (poilu), de miel, de pomme reinette, et enfin
des exhalaisons d'herbe séchée.
En
bouche il nous permet de jouir de fines bulles délicates
caressant tout le palais, qui est comblé de saveurs
sapides et minérales, ainsi que de notes empreintes
d'agrumes.
C'est
un vin pourvu d'une agréable fraîcheur guidant
l'équilibre gustatif. Sa longue persistance se termine
par de la pierre à fusil et par un arôme d'agrumes
où ressort le pamplemousse jaune.
C'est
un champagne extrêmement plaisant, qui a su m'enchanter
dès la première gorgée. On le savoure
pleinement à chaque fois, bien qu'il soit encore très
jeune.
92/100
GRAND
VINTAGE BRUT millésime 2003
(Cépage :
Chardonnay 40%, Pinot Meunier 40%
e
Pinot Noir 20%)
Les
raisins proviennent de la Côte des Blancs, du Sézannais
et de la Vallée de la Marne.
C'est
un champagne vinifié sans bois, mais uniquement dans
l'acier.
La
mise en bouteille s'effectue à 9 mois des vendanges
et il vieillit en bouteille de 3 à 6 ans, avant d'être
commercialisé. Sa production annuelle est de 180.000
bouteilles à peu près.
Notes
de dégustation:
Il
est d'un jaune intense aux reflets ambrés et aux fines
bulles assez nombreuses.
Un
nez riche, important, dégage des arômes de miel,
de pomme reinette très mûre, de cacahuètes
grillées (notes intenses), d'iode, de sel de mer, de
pierre à fusil, de sabayon (notes intenses), de jujube
mûr et pour finir des senteurs d'amande.
En
bouche son goût plein révèle des saveurs
moëlleuses et crémeuses et de fines bulles bien
dosées, quoiqu'un peu plus envahissantes que celles
du Blanc de Blancs. C'est un vin équilibré où
l'acidité maîtrise le taux d'alcool, grâce
entre autres à une copieuse sapidité.
Sa
persistance aromatique est longue, avec une finale de sabayon
et de confiture d'orange amère.
Il
s'agit d'un champagne apparemment simple, mais recélant
en fait une belle complexité.
92/100
GRAND
ROSÉ BRUT, non millésimé
(Cépage:
Chardonnay 85% et Pinot Noir 15%,
vinificato
in rouge par 15% de vins de
réserve)
Les
raisins proviennent de la Côte des Blancs, du Sézannais
et de la Vallée de la Marne.
C'est
un champagne vinifié sans bois, mais uniquement dans
l'acier.
Sa
mise en bouteille a lieu 9 mois après les vendanges
et il vieillit ensuite en bouteille de 15 à 24 mois
avant d'être commercialisé. Il connaît
une production annuelle de 75.000 bouteilles environ.
Notes
de dégustation:
A
sa robe rouge cerise aux reflets cuivrés se mêle
un ensemble de bulles assez fines plutôt nombreuses.
Au
nez il révèle de multiples arômes: pierre
à fusil (notes intenses), iode et sel de mer, framboise,
pamplemousse rose, fraise, griotte, menthe, pâte d'amandes
et lait de coco (odeur de colle de pâte “coccoina”),
senteurs léégères de pop-corn.
En
bouche on perçoit ses bulles relativement fines et
il dégage une riche sapidité qu'accompagne une
note de pierre à fusil. C'est là un vin bien
équilibré, qu'une belle acidité ne trouble
guère.
Sa
persistance est assez longue et se termine sur une fin de
bouche de cerise et de framboise, et enfin de pamplemouse
rose.
87/100
GRAND
COURONNEMENT Brut GRAND CRU millésime
2000
(Cépage:
Chardonnay Grand Cru 100%)
Les
raisins proviennent d'Avize et de Chouilly. C'est un champagne
vinifié sans bois mais uniquement dans l'acier. La
mise en bouteille a lieu 9 mois après les vendanges
et le vieillissement en bouteille dure de 6 à 8 ans,
avant qu'on ne le commercialise. Sa production annuelle est
de 25.000 bouteilles environ.
Notes
de dégustation:
Sa
robe jaune d'or se nuance de légers reflets verts.
Ses multiples bulles sont fines.
Au
nez il révèle des notes vanillées, de
pâte d'amande (rappelant le cœur d'un chocolat “banane”
Perugina), de cuir naturel (avec son poil), d'iode, de sel
de mer, de macaron de Saronno ( au goût d'amande
N.d.T.) , d'amande tout court, de pomme, de savon de
Marseille et des senteurs balsamiques suivies d'un arôme
intense fort plaisant de jujube mûr.
En
bouche ses belles bulles et son côté rond et
moëlleux caressent le palis. C'est un vin au bon équilibre
gustatif, sapide et minéral, que soutient une acidité
bien dosée.
D'une
bonne longueur, il révèle une fin de bouche
de jujube mûr.
92/100
CONSÉCRATION
GRAND CRU millésime 2000
(Cépage :
Chardonnay Grand Cru 100%)
Les
raisins proviennent d'Avize et de Chouilly.
Ce
champagne se fait à 80% dans l'acier et à 20%
en barrique. La mise en bouteille a lieu neuf mois après
les vendanges, alors qu'il vieillit en bouteille de 8 à
10 ans avant d'être commercialisé. La production
annuelle est de 15.000 bouteilles environ.
Notes
de dégustation:
Sa
robe est jaune d'or clair, ses bulles fines et nombreuses.
Le
nez décèle des arômes de graphite, de
pierre à fusil, d'iode, de sel de mer, de lait de coco
et d'amande (colle de pâte “coccoina”), de grosse fraise,
de beurre de noisette 5notes légères), de tige
coupée de cyclamen (cela concerne l'acidité
olfactive) et il se termine sur une agréable senteur
de sauge.
En
bouche de très fines bulles délicates nous accueillent,
se mêlant à une généreuse sapidité
et à une saveur minérale qu'accompagnent des
notes de pâtisserie.
C'est
un vin équilibré intensément frais, bien
structuré, sapide et minéral.
Sa
persistance aromatique s'avère longue: un sabayon suivi
d'agrumes et à nouveau de sabayon précède
une finale de sauge, ce qui évoque la conclusion de
l'examen olfactif.
Il
s'agit donc d'un vin à la fois fin et élégant.
93/100
CUVÉE
O.R. 1735 GRAND CRU millésime 2000
(Cépage:
Chardonnay Grand Cru 100%)
Les
raisins proviennent d' Avize et de Chouilly.
La
vinification se fait par assemblage, 20% minimum et 100% maximum
en fûts de chêne. La mise en bouteille a lieu
12 mois après les vendanges et le vieillissement dure
de 7 à 10 ans, avant que le vin ne soit commercialisé.
Sa production annuelle comprend environ 5000 bouteilles. Le
bouchon ne comporte pas de muselet mais de la ficelle l'enserrant
de la même manière.
Notes
de dégustation:
De
couleur jaune d'or assez soutenu, aux reflets verts, il présente
un ensemble de bulles très fines, abondant et continu.
Son nez est ample et complexe, offrant des notes minérales
et des senteurs de sabayon, de vanille, de pomme reinette,
de pierre à fusil, d'olive noire, de savon de Marseille,
de cuir naturel (poilu), de résine de pin, de romarin,
et se terminant par des exhalaisons de sauge.
En
bouche on jouit d'une agréable sensation due à
une suite de bulles fines et délicates s'accompagnant
de senteurs de pomme golden légèrement acide,
de miel et de sabayon. C'est un vin au bon équilibre,
à l'acidité prédominante mais somme toute
convenablement dosée.
Sa
persistance est longue et il offre une fin de bouche de pomme,
puis de sabayon.
92/100
Mes
notes rendent l'idée de la qualité constante
de ces champagnes et de leur identité olfactive, que
l'on retrouve à peu près dans toute la série.
L'un des traits de caractère que je préfère
en eux, c'est cette délicate suite de bulles qui n'est
“agressive” à aucun moment. Il arrive avec certains
mousseux que l'on avale des bulles apparemment fines mais
qui, au niveau de l'estomac, donnent l'impression d'exploser.
Tout cela ne concerne en rien le champagne de ce domaine.
Tous mes remerciements à l'Hôtel Villa Cora pour
son hospitalité et pour son impeccable service des
vins. Je remercie également monsieur Philippe Parinet
qui a accepté que la première verticale mondiale
de ce remarquble champagne Héritage ait lieu à
Florence.
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Sergio
Antonini est chargé pour l'Italie
des
importations du Champagne J. De
Telmont.
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